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Organiser une setlist de concert : une méthode simple pour ne plus improviser au dernier moment

septembre 28, 2026
Organiser une setlist de concert

Organiser une setlist de concert ne consiste pas seulement à aligner des titres dans un ordre qui « sonne bien ». C’est un vrai travail de préparation qui conditionne le déroulé du show, l’énergie de la salle et le confort de tous les musiciens sur scène. Beaucoup de groupes amateurs et semi-pros s’y prennent trop tard, la veille du concert, en griffonnant une liste sur un coin de table — et le résultat s’entend : silences trop longs entre les morceaux, tonalités qui s’enchaînent mal, fin de set qui retombe au lieu de monter. Voici une méthode concrète, inspirée des pratiques enseignées dans les écoles de musique et des retours de musiciens qui jouent régulièrement en live, pour construire une setlist qui tient la route du premier au dernier morceau.

L’erreur peut venir aussi de demander des conseils à des gens qui n’y connaissent rien et qui, même s’ils veulent bien faire font mal, voire à une IA, qui ne veut pas nous décevoir et donne des conseils inappropriés. Ce que j’ai fait lors de mon dernier concert… L’expérience fut un échec… mais on apprend des échecs. 🤣

Organiser une setlist de concert

Pourquoi une setlist bien pensée change tout en concert

Une setlist n’est pas qu’un pense-bête. C’est l’ossature du spectacle. Elle sert à trois choses à la fois : donner un cap au groupe pendant le concert, gérer l’énergie de la salle sur la durée, et éviter les temps morts qui cassent la dynamique. Le Berklee Online Take Note blog, qui a recueilli les conseils de la chanteuse de jazz et professeure Patrice Williamson, rappelle qu’il vaut mieux commencer par compiler l’ensemble de son répertoire — tonalité, tempo, style — avant même de penser à l’ordre des morceaux (source : Berklee Online). Autrement dit : la setlist se construit à partir d’une vue d’ensemble de ce que le groupe sait jouer, pas au coup par coup.

Ce travail de préparation a un effet direct sur scène. Quand chaque musicien sait ce qui arrive, sur quelle tonalité repartir et combien de temps durera le solo suivant, le concert gagne en fluidité — et le public le ressent, même sans savoir pourquoi.

Étape 1 : lister tout le répertoire disponible

Avant de penser à l’ordre, il faut avoir sous les yeux l’ensemble des morceaux que le groupe maîtrise vraiment, avec pour chacun la tonalité, le tempo approximatif et le style. Beaucoup de musiciens gardent ces informations éparpillées entre plusieurs carnets, applications et fichiers PDF, ce qui rend l’étape suivante beaucoup plus laborieuse qu’elle ne devrait l’être. Un tableau simple — même sur papier — avec une ligne par morceau suffit largement pour démarrer.

Étape 2 : penser l’ordre comme une courbe d’énergie

C’est l’étape où la plupart des erreurs se glissent. L’ordre des morceaux ne doit pas suivre la logique de l’album ou de la dernière répétition, mais une vraie courbe d’énergie pensée pour le public présent ce soir-là. Le site Last Minute Musicians, ressource britannique destinée aux musiciens qui cherchent des dates, décrit ce principe comme un arc : un ou deux morceaux percutants en ouverture pour capter l’attention, une zone plus posée au milieu du set pour respirer et varier les ambiances, puis une remontée progressive vers la fin, avec le meilleur morceau du groupe en clôture et, si possible, un rappel prévu à l’avance (source : Last Minute Musicians). La même source recommande d’éviter deux morceaux consécutifs dans la même tonalité — un détail qui semble mineur mais qui use l’oreille du public sans qu’il sache pourquoi.

Quelques repères de durée, toujours selon cette même ressource : pour une prestation de 20 à 30 minutes, prévoir 5 à 7 morceaux ; pour 45 à 60 minutes, 10 à 12 morceaux ; pour un concert de 2 heures, entre 20 et 25 morceaux, généralement répartis en deux ou trois sets distincts. Ce ne sont pas des règles absolues, mais des points de départ utiles pour ne pas se retrouver à court — ou, à l’inverse, avec un set qui traîne en longueur.

L’un des premiers concerts que j’ai pu faire pour l’association « Vaincre la mucoviscidose » (dans une autre vie), je n’avais prévu aucune setlist, piochant dans mon classeur comme je pouvais le faire à la maison. Le concert à durer 2h30 avec un entracte au milieu. C’est la personne qui était à la technique qui à un moment donné m’a fait le signe d’arrêter… Heureusement car je pense que j’y serais encore, mais pas le public ! 🤣

Cette courbe d’énergie ne se pense pas dans l’absolu : elle dépend du contexte du concert. Une setlist pour un bar où le public discute en fond sonore n’a pas la même construction qu’une setlist pour une scène de festival où les gens sont venus spécifiquement pour écouter. Un mariage impose ses propres contraintes (morceaux fédérateurs, peu de prise de risque en début de soirée), tandis qu’une première partie de concert doit convaincre vite, en 20 à 30 minutes, sans le luxe d’installer une ambiance progressivement. Adapter la même base de répertoire à ces contextes différents fait justement partie du travail de préparation — la setlist d’un même groupe n’a pas à être identique d’un concert à l’autre.

Organiser une setlist de concert

Étape 3 : limiter les silences entre les morceaux

Un point que les musiciens expérimentés surveillent particulièrement : le temps mort entre deux titres. Au-delà de 10 à 15 secondes, l’attention du public commence à retomber. Quelques solutions simples permettent de garder le fil : enchaîner directement certains morceaux sans marquer d’arrêt net, préparer une courte anecdote ou une présentation à glisser pendant que le batteur ajuste son matériel, ou encore utiliser une transition musicale (un riff, une boucle) pour meubler le passage d’un titre à l’autre. Ce sont des détails, mais ce sont eux qui distinguent un concert qui « tient » un public d’un concert qui le perd en cours de route.

Étape 4 : communiquer la setlist à tout le groupe — pas seulement la garder pour soi

Une setlist qui reste dans la tête (ou dans le téléphone) d’une seule personne du groupe est une source de stress inutile pour tout le monde. Chaque musicien devrait avoir accès à la version finale avant de monter sur scène, avec les indications utiles : tonalité, structure, qui prend le solo, comment se termine chaque morceau. Cette clarification en amont, associée à quelques signes non verbaux convenus à l’avance (un geste de la main pour lancer un solo, un regard pour annoncer la fin d’un morceau), évite les hésitations en plein concert — les mêmes que celles qui, sur scène, se voient et s’entendent immédiatement.

Étape 5 : prévoir plus de morceaux que nécessaire, et un marqueur pour les imprévus

Les deux sources s’accordent sur ce point : mieux vaut arriver avec plus de morceaux prêts que le temps de scène ne l’exige, plutôt que de se retrouver à court si le concert dure plus longtemps que prévu ou si le public en redemande. Conserver aussi une marge de manœuvre — un morceau de secours facile à lancer, ou la possibilité de couper un titre plus long si le timing presse — évite l’improvisation totale en cas d’imprévu, qui arrive plus souvent qu’on ne le pense : problème technique, changement de créneau à la dernière minute, ambiance de salle différente de ce qui était anticipé.

Papier, classeur ou support numérique : la vraie question, c’est l’accès en temps réel

Une fois la setlist construite, reste la question du support sur scène. Beaucoup de musiciens continuent de fonctionner avec une feuille scotchée au sol ou un classeur à onglets, une solution fiable qui ne tombe jamais en panne de batterie. D’autres sont passés à la tablette pour centraliser setlist, grilles d’accords et partitions au même endroit, quitte à devoir gérer l’autonomie et la luminosité de l’écran en conditions de scène. Aucune des deux options n’est universellement meilleure : tout dépend du style de concert, du nombre de morceaux et de l’aisance de chacun avec le matériel. Ce qui compte, dans les deux cas, c’est que la setlist finale soit accessible en un coup d’œil, sans avoir à la chercher au milieu d’un morceau.

Et puis surtout, pour des concerts bien préparés, dans lesquels les musiciens et chanteurs connaissent par cœur leur morceaux (ce qui est l’idéal, il faut bien l’avouer), la tablette devient dérisoire, un simple morceau de papier suffit.

Mais pour les autres, tablette ou papier, la question peut se poser.

Les erreurs les plus fréquentes à éviter

Quelques pièges reviennent souvent chez les groupes qui débutent en scène ou qui enchaînent les dates sans prendre le temps de retravailler leur setlist : enchaîner plusieurs morceaux dans la même tonalité par facilité, placer les deux morceaux les plus lents l’un après l’autre, oublier de prévoir un rappel alors que le public en réclame un, ou encore construire la setlist dans l’ordre de préférence personnelle du chanteur plutôt qu’en pensant à la salle et au moment du concert. Aucune de ces erreurs n’est grave en soi, mais cumulées, elles expliquent souvent pourquoi un concert techniquement bien joué laisse une impression plus terne que prévu.

Une setlist se retravaille après chaque concert

Dernier point, souvent oublié : une setlist n’est jamais figée. Les groupes qui jouent régulièrement notent, après chaque date, ce qui a fonctionné et ce qui a fait retomber la salle, puis ajustent l’ordre pour la fois suivante. C’est un travail cumulatif, pas un exercice à refaire de zéro à chaque concert — à condition de garder une trace exploitable des setlists précédentes plutôt que de les perdre dans des messages ou des feuilles volantes.

C’est précisément ce type de besoin — centraliser setlists, grilles et partitions d’un même groupe, et pouvoir s’appuyer dessus concert après concert — qui a motivé le développement d’Accords en Scène, une application pensée pour les musiciens qui jouent réellement sur scène, en cours de développement pour tablette et web.

En résumé

Organiser une setlist de concert demande une préparation qui commence bien avant le jour J : lister son répertoire, penser l’ordre comme une courbe d’énergie plutôt qu’une simple liste, limiter les silences, partager la version finale avec tout le groupe, et garder de la marge pour l’imprévu. Ce sont des habitudes simples, mais elles font une différence nette sur la qualité ressentie d’un concert — et elles se peaufinent, set après set, au fil de l’expérience du groupe sur scène.

2 commentaires

  1. Merci pour cet article très concret, avec une approche qui va au-delà du simple « voici comment classer vos morceaux ». J’aime vraiment l’idée de penser la setlist comme une courbe d’énergie : on peut avoir de très bons morceaux individuellement, mais leur enchaînement peut complètement changer la perception du concert.
    J’ai bien aimé le passage sur les imprévus : prévoir un peu plus de morceaux que nécessaire peut vraiment éviter de se retrouver à improviser dans la panique. L’expérience racontée avec le concert de 2h30 montre d’ailleurs très bien pourquoi une bonne préparation peut faire la différence !

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